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Voir nos départs garantisDébuter un voyage au Bhoutan permet de plonger au cœur d’une culture fascinante, où la monarchie occupe encore une place centrale et fédératrice. Les figures du Bhoutan, à travers l’exemple du couple royal et d’intellectuelles comme Kunzang Choden, illustrent un pays en équilibre subtil entre traditions séculaires et ouverture à la modernité.
Né le 21 février 1980, Jigme Khesar Namgyel Wangchuk est le cinquième "roi dragon" (Druk Gyalpo) du Bhoutan de la dynastie Wangchuck. Il fut couronné le 6 novembre 2008 à 8h31 précises, un horaire choisi par les astrologues pour porter chance à son règne. Dès ce jour, son discours, empreint de bienveillance et d’humilité, sonna comme une promesse de proximité avec son peuple : « Au cours de mon règne, je ne dirigerai pas à la manière d’un roi. Je vous protégerai comme un parent, prendrai soin de vous comme un frère, et vous servirai comme un fils ».
Fils aîné de l’ancien roi Jigme Singye Wangchuk, il a une sœur, un frère ainsi que de nombreux demi-frères et demi-sœurs issus des trois autres épouses de son père, qui maria quatre sœurs.
Après des études aux États-Unis puis à Oxford où il obtient un diplôme en relations internationales et en politique, Jigme Khesar est officiellement couronné en 2008. Son père abdique en sa faveur le 14 décembre 2006 et le prince reçoit immédiatement des responsabilités importantes. Il inaugure alors l’ère de la monarchie parlementaire au Bhoutan et devient une figure politique centrale, non seulement symbole, mais acteur actif de la modernisation du pays.
Le roi demeure profondément attaché aux traditions, comme en témoigne le port du « gho » traditionnel et le fait qu’il est le seul à pouvoir porter des vêtements jaunes, exclusivité royale. Très respecté, il incarne à la fois l’unité nationale et la continuité dynastique, tout en poursuivant des réformes destinées à préserver le bonheur national brut, concept cher au Bhoutan, et à renforcer la démocratisation. Sa présence est très marquée lors des grands événements culturels et religieux, et de nombreux Bhoutanais se sentent proches de leur souverain grâce à sa proximité et sa simplicité dans la vie quotidienne.
Le 13 octobre 2011, Jigme Khesar épouse Jetsun Pema, une jeune et ravissante étudiante bhoutanaise de dix ans sa cadette. La cérémonie bouddhiste a lieu dans la forteresse de Punakha. Moderne et glamour, le couple royal séduit grandement la jeune génération.
Le couple royal compte aujourd’hui trois enfants : le prince héritier Jigme Namgyel Wangchuck (né en 2016), le prince Jigme Ugyen Wangchuck (né en 2020) et la princesse Sonam Yangden Wangchuck (née en septembre 2023). Il est rare dans la monarchie bhoutanaise de voir le couple partager autant d’images de famille ; cette transparence et ce choix de montrer leur quotidien familiale séduisent et renforcent leur proximité avec le peuple.
Le roi et la reine sont aussi très engagés dans la société. Ils participent régulièrement à des initiatives associatives et projets de développement locaux. Parmi les chantiers majeurs récents, on note leur implication dans un projet d’aéroport à Gelephu, une cité du bien-être consacrée à la pleine conscience, symbole du Bhoutan moderne qui respecte et sublime ses racines.
Jetsun Pema est une figure incontournable de la vie bhoutanaise contemporaine. Très active sur les réseaux sociaux, elle promeut la culture et l’art de vivre bhoutanais auprès des jeunes. Mais elle est surtout engagée dans de nombreuses causes sociales : l’éducation, la santé maternelle et infantile, la gestion des déchets avec le projet "Clean Bhutan", et plus récemment, la protection de l’environnement.
Elle est mécène ou ambassadrice de plusieurs organisations comme Ability Bhutan Society, la Royal Society for the Protection of Nature, ainsi que la Croix-Rouge du Bhoutan. Elle représente également le Bhoutan au niveau international pour des causes environnementales, notamment via OzonAction d’UNEP. Par son action, elle illustre le visage d’une monarchie proche de la population, et notamment attentive aux plus vulnérables dans les villages reculés.
Le couple royal incarne ainsi l’équilibre délicat d’un pays profondément bouddhiste et traditionnel, tout en étant tourné vers l’avenir. Leur implication familiale et sociale, la visibilité qu’ils offrent à leurs enfants et la modernité de leur communication leur valent une immense popularité. Leur portrait orne l’aéroport de Paro, symbole d’un Bhoutan résolument ouvert mais fier de ses racines.
Kunzang Choden, née en 1952 dans le district du Bumthang, est la première écrivaine bhoutanaise à avoir publié un roman en anglais, ce qui a participé à faire rayonner la littérature du pays à l’international. Son parcours est aussi remarquable que ses personnages : envoyée à pied et à cheval en Inde à l’âge de 9 ans pour apprendre l’anglais – un voyage de douze jours –, elle poursuivra ses études en psychologie à Delhi puis en sociologie à l’université du Nebraska aux États-Unis.
Son œuvre majeure, « Le Cercle du Karma » (2005), met en scène une jeune femme bhoutanaise confrontée au poids des traditions et à la quête d’émancipation, offrant une plongée dans la société rurale ainsi qu’une réflexion sur la place des femmes dans le Bhoutan d’hier et d’aujourd’hui. Cette approche lui a valu d’être surnommée la Simone de Beauvoir du Bhoutan.
Kunzang Choden s’appuie sur des thèmes féministes, dénonçant les inégalités de genre et s’engageant activement pour l’accès à l’éducation des femmes. Elle a apporté une contribution majeure à la préservation de la mémoire collective bhoutanaise, notamment par des recueils de contes traditionnels et des romans traduits aujourd'hui en plusieurs langues. Elle a récemment reçu en 2023 le SAARC Literature Award et en 2024 le Bhutan Echoes Legacy Award, qui soulignent sa contribution à la culture et à la littérature du pays. Actuellement, elle travaille à un livre de mémoires sur son enfance dans les années 1950, période charnière pour la société bhoutanaise.
Parmi les thèmes qu’elle aborde, Kunzang Choden s’attarde sur certaines pratiques ancestrales comme le « Bomena ». Cette coutume de courtship nocturne, pratiquée surtout dans les zones rurales, consiste pour un jeune homme à rendre visite à une jeune fille dans la nuit. Parfois consentie, parfois organisée, cette tradition répondait autrefois à des codes sociaux stricts et permettait d’envisager un mariage, au-delà de la simple galanterie.
Aujourd’hui, le Bomena est perçu de manière plus nuancée : dans les campagnes, il subsiste comme une facette du folklore villageois, encadré par des normes sociales et des valeurs traditionnelles. Cependant, avec la modernisation et l’urbanisation, de nombreux Bhoutanais optent désormais pour des modes de rencontre plus ouverts, issus notamment des échanges avec le monde extérieur. Cette pratique tend donc à se raréfier, tout en restant un élément du patrimoine culturel qui interpelle et interroge la société contemporaine.
Au Bhoutan, chaque figure publique, du couple royal aux écrivains reconnus, contribue à la vitalité et à la singularité du royaume. Ces personnalités participent à préserver l’équilibre entre l’héritage séculaire de l’Himalaya et les aspirations d’un peuple tourné vers l’avenir.