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Voir nos départs garantisLa diversité ethnique et culturelle du Sri Lanka est sans conteste l'une des plus grandes richesses de cette île aux portes de l'Inde. Avec une population d'environ 22 millions d'habitants, l'île a été façonnée au fil des migrations, des vagues d'invasion et des périodes de colonisation, donnant naissance à un fascinant métissage. Aujourd'hui, on distingue plusieurs grands groupes ethniques, chacun ayant ses propres traditions, ses langues et sa façon unique d'accueillir les visiteurs. Suivez-nous à la rencontre du peuple sri lankais.
L’histoire du Sri Lanka commence avec les Veddas, peuple autochtone de chasseurs-cueilleurs. Leur mode de vie traditionnel, fait de chasse, de collecte et d'habitat dans des grottes ou des cabanes familiales, subsiste difficilement aujourd'hui ; seules quelques centaines de Veddas vivent encore sur l'île. Attachés à la préservation de leur culture, certains vivent isolés, tandis que d'autres choisissent de partager leur histoire avec les voyageurs curieux. Les Veddas contribuent ainsi à la diversité linguistique et spirituelle de l’île, perpétuant des rituels ancestraux rares.
Au VIème siècle avant notre ère, des populations venues d’Inde du Nord ont traversé la mer pour s’installer sur l'île. Aujourd’hui, les Cinghalais représentent près de 75 % de la population sri lankaise. Ils parlent le cingalais, langue officielle de l’île aux côtés du tamoul et de l'anglais, et forment le cœur de la culture majoritairement bouddhiste theravada. Le calendrier est rythmé par les jours fériés de pleine lune (Poya), tandis que les fêtes comme Vesak célèbrent la vie du Bouddha. La spiritualité influence la vie quotidienne, le respect des lieux sacrés et les codes sociaux, comme la politesse envers les moines ou les aînés. Plusieurs sous-groupes, tels que les Cinghalais des hauts plateaux ou des zones côtières, nuancent cette identité par des coutumes locales.
Originaires du Sud de l’Inde, les Tamouls constituent environ 15 % de la population en combinant les Tamouls autochtones et ceux d’origine indienne introduits principalement à l’époque coloniale britannique pour le travail dans les plantations de thé. Ils vivent surtout dans le nord, l’est et les collines centrales, apportant une forte identité hindouiste, qui se mêle parfois au bouddhisme ou au christianisme. Les Tamouls participent activement à la vie culturelle du pays et maintiennent des rituels et célébrations distincts, tels que la fête de Thaipusam ou Navaratri. Il est frappant de voir que la plupart des cueilleuses de thé dans la région des plantations sont d’origine tamoule, symbole d’un héritage vivant.
Les Maures rassemblent environ 9 % de la population. Descendants de marchands arabes installés dès le VIIème siècle, ils parlent tamoul tout en étant majoritairement musulmans. On les retrouve dans de nombreux quartiers commerçants, notamment à Pettah, cœur marchand de Colombo, où leur sens de l’hospitalité et du commerce est manifeste. Les fêtes musulmanes comme le Ramadan et l’Aïd rythment la vie de la communauté, et les traditions familiales et religieuses se transmettent fièrement au fil des générations.
Communauté issue du métissage entre colons européens (Portugais, Hollandais, Britanniques) et habitants locaux, les Burghers sont désormais très peu nombreux, environ 0,3 % de la population. On les rencontre principalement à Colombo, où ils perpétuent un héritage chrétien et un usage régulier de l’anglais. Leur influence se ressent dans certains aspects culinaires, architecturaux et dans la vie artistique sri lankaise, témoignages de l’époque coloniale.
La vie sri lankaise s’articule autour de valeurs de respect, d’hospitalité et de spiritualité. Accueillir un voyageur commence souvent par l’offrande de feuilles de bétel, un symbole fort de prospérité et de bienvenue. Les repas, moments de partage essentiels, sont généralement pris en famille et la générosité se traduit par l’abondance des plats typiques : riz, curry, légumes, poisson, lentilles, fruits tropicaux, épices et le fameux thé de Ceylan.
Les gestes quotidiens témoignent de traditions vivaces : on privilégie la main droite pour les échanges, on ne touche pas la tête d’un moine bouddhiste, et le port de vêtements couvrants dans les lieux sacrés est requis. Il est d’usage d’adopter la politesse locale pour mieux s’intégrer à la vie du pays.
De nombreuses fêtes rythment l’année, réunissant parfois toutes les communautés : Vesak pour les bouddhistes, Deepavali pour les hindous, Ramadan pour les musulmans, Noël et Pâques pour les chrétiens. Les célébrations sont autant d’occasions de découvrir les danses traditionnelles, la musique et l’artisanat sri lankais, mais aussi de ressentir la chaleur de l’hospitalité locale, caractérisée par une attention particulière portée aux invités et au partage.
Après une longue guerre civile qui a pris fin en 2009, la société sri lankaise reste marquée par des blessures profondes. Malgré des initiatives officielles pour la réconciliation et la cohabitation pacifique, les relations entre les différents groupes évoluent encore. Les associations locales et des initiatives citoyennes œuvrent progressivement à renforcer le dialogue, la coopération et la solidarité entre les communautés. Tandis que les cicatrices du passé subsistent, la société sri lankaise avance doucement vers un équilibre multiculturel plus harmonieux, fidèle à son histoire métissée et à la richesse de ses échanges.
Le Sri Lanka, nation brillante de diversité, est un pays où toutes les origines vivent côte à côte, tissant un tissu social vibrant, profondément spirituel, résolument tourné vers l’avenir. Chaque voyageur repart de l’île avec le souvenir d’une hospitalité remarquable et d’un peuple dont la résilience et le sens du partage sont à nul autre pareil.